C’est quoi un régime ?

bagieu regime

Vous avez certainement entendu le slogan publicitaire de Weight Watchers : « Arrêtez les régimes, commencez Weight Watchers ». Derrière ce slogan, il y aurait l’idée qu’un régime serait un programme forcément déséquilibré voire restrictif ou frustrant.

D’ailleurs, quand on parle de régime, bon nombre de patients pensent immédiatement aux régimes les plus farfelus comme le régime « soupe au chou », le régime ananas ou dernièrement le régime Dukan  (les exemples ne manquent pas, nous pourrions en citer des milliers …), mais peu associent le terme de régime avec « régime équilibré » ou même avec juste le fait de « faire attention ».

En réalité, un régime, c’est la volonté de contrôler son alimentation dans le but de maigrir,  que ce soit en s’imposant un nombre de repas à respecter, des aliments à privilégier, d’autres à limiter, en comptant des points, des calories ou des portions, bref, en suivant un plan pré-établi sans tenir compte des signaux que nous envoie notre corps.

Un régime c’est remplacer les mécanismes neurophysiologiques inconscients qui permettent la régulation du poids par un contrôle mental volontaire et conscient.

Alors est-ce que ça marche ?

Les spécialistes du comportement alimentaire classent les mangeurs en deux groupes :
– les mangeurs intuitifs qui mangent en fonctions de leurs signaux internes (faim et rassasiement)
– les mangeurs contrôlés qui essaient de contrôler leur alimentation par la volonté

De nombreuses études montrent que les mangeurs intuitifs sont moins susceptibles d’être en surpoids, que leur poids est plus stable dans le temps et qu’ils passent moins de temps à penser à la nourriture.

Les mangeurs contrôlés, au contraire, sont plus susceptibles de manger en réaction aux publicités, de manger en grande quantité quand la nourriture est disponible (par exemple aux buffets à volonté) ou quand ils font un petit écart (finir la tablette de chocolat sans pouvoir s’arrêter à un carré). Au final, cette tentative de contrôle aboutit non pas à un poids satisfaisant mais à une relation pervertie à la nourriture, faite d’anxiété de grossir et de culpabilité.

Car ce contrôle absolu qu’on aimerait avoir sur son alimentation est impossible ! Les aliments ne sont pas une somme de nutriments, et oublier les aspects gustatifs et émotionnels de l’alimentation, que l’on veuille mincir ou pas, rend la tâche intenable.

C’est pourquoi, travailler sur ses croyances, ses émotions et ses sensations alimentaires est le seul moyen de retrouver un rapport serein à la nourriture et d’atteindre son poids d’équilibre.

 

 

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Régimes : attention danger

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Faire un « petit régime » de printemps est devenu aujourd’hui une étape quasi aussi incontournable et saisonnière que faire ses carreaux ou rempoter ses géranium.

Pourtant, si l’excès de poids peut-être néfaste pour la santé, maigrir n’importe comment n’est pas sans conséquences. A tel point que les pouvoirs publics s’en sont inquiétés et ont demander à l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire Alimentation Environnement Travail) une expertise sur le sujet.

Résultat : dans un rapport publié par l’ANSES, des experts ont passé au crible plus d’une quinzaine de régimes parmi les plus populaires (Dukan, Chrononutrition, Montignac, Cohen, Atkins, Weight Watchers, etc). Le verdict est sans appel.

Outre leur totale inefficacité à long terme (puisque 80% des personnes ayant perdu du poids grâce à un régime le reprennent au bout d’1 an et 95% au bout de 5 ans), les régimes amaigrissants pratiqués sans les recommandations ni le suivi d’un spécialiste (par exemple les régimes diffusés par les livres ou internet) présentent de nombreux risques pour la santé.

Ils perturbent le fonctionnement normal du corps et peuvent avoir un impact sur les os, le cœur et les reins par les privations ou les surconsommations de certains nutriments qu’ils proposent.

Ils induisent également des modifications du métabolisme énergétique et de la régulation physiologique du comportement alimentaire ainsi que des perturbations psychologiques, souvent à l’origine du « cercle vicieux » d’une reprise de poids, voire d’un gain de poids pas toujours réversible.

Zoom sur les principales perturbations :

  • diminution de la masse musculaire : une perte de poids rapide se traduit avant tout par une perte de masse musculaire et un affaiblissement, et ce, même pour les régimes hyperprotéinés (type Dukan).
  • diminution de la masse minérale osseuse (avec risque de fragilisation osseuse précoce)
  • risques de mort subite en lien avec des troubles du rythme cardiaque, la fluctuation du poids pouvant être un facteur de risque cardiovasculaire et de syndrome métabolique (en cas d’amaigrissement rapide)
  • risques d’inflammations et fibroses hépatiques ainsi que de calculs biliaires
  • risques d’atteinte rénale (pour les régimes hyperprotéinés) – carences en fer, vitamines et minéraux
  • troubles digestifs passagers de type constipation – perturbations hormonales – troubles du comportement alimentaire
  • aggravation du surpoids

La prise en charge des problèmes de poids nécessite un diagnostic précis des causes et une analyse du contexte, elle permet de définir les objectifs et les moyens à mettre en oeuvre et ne se limite pas à la simple prescription de règles diététiques.

Un livre ne pourra jamais remplacer l’accompagnement personnalisé que propose un professionnel de santé et seule une modification durable du comportement alimentaire peut permettre une perte de poids durable et sans danger.

Ma fille, ses kilos et moi

Face aux rondeurs (réelles ou imaginaires) de leurs filles, de nombreuses mères s’inquiètent et tentent de prendre le contrôle de l’alimentation de leur enfant.

Un interventionnisme qui peut mettre en péril la construction de l’estime de soi et du comportement alimentaire de l’enfant à long terme.

En effet, en imposant des règles alimentaires drastiques à son enfant pour contrôler son poids, on perturbe les signaux de faim et de rassasiement, ce qui peut, à terme, engendrer des troubles du comportement alimentaire. En outre, plus ces restrictions sont importantes, plus la jeune fille est susceptible de souffrir d’une mauvaise estime de soi … ce qui entraine des effets bien plus délétères que quelques kilos en trop !

Alors comment trouver l’attitude juste face à l’embonpoint de son enfant ?

  • Déjà, éviter à tout prix les remarques blessantes, même dites sur le ton de la plaisanterie : « Dis donc, c’est quoi, ce petit ventre, là ? »
  • Lui apprendre à écouter ses sensations alimentaires et ne jamais le forcer à finir son assiette
  • Faire du repas un moment de partage et de plaisir.
  • Le valoriser et lui assurer qu’on l’aimera toujours, quel que soit son gabarit.
  • Écouter sa souffrance, essayer de comprendre d’où vient sa prise de poids plutôt que d’essayer de la contrôler.
  • Ne pas hésiter à consulter, pour soi ou pour l’enfant, si l’on sent que l’on a besoin de conseils ou tout simplement d’en parler.

Youre-beautiful

Comment les régimes peuvent gâcher la vie

Un article intéressant à lire ici.

Après des années de régimes, avec des répercussions aussi catastrophiques sur le poids que sur l’estime de soi, Caroline a décidé de tourner le dos aux restrictions. Grâce à un travail basé sur l’écoute de soi, elle a pu retrouver sérénité alimentaire, confiance en elle … et perdre du poids !

Cette approche relatée au travers de son expérience, est pratiquée par les thérapeutes du GROS, dont je fais partie, tout comme le Dr Zermati.