Diététicien ou nutritionniste ? Quelles différences ?

On me demande régulièrement si je suis diététicienne ou nutritionniste et quelle est la différence entre les deux.
Cette question, qui alimente des débats passionnés sur de nombreux forums, est visiblement loin d’être claire pour beaucoup, y compris dans le monde médical. Elle méritait donc que j’y consacre un article.

Qui est diététicien et qui est nutritionniste ?

Le diététicien ou la diététicienne est un professionnel de santé, spécialiste de la nutrition.
Il a obtenu un diplôme de diététique (BTS ou DUT spécifiques). C’est une profession paramédicale dont la pratique est strictement réglementée et dont le titre est protégé. Personne ne peut exercer ce métier ou utiliser ce titre sans ce diplôme et tout exercice illégal peut être poursuivi et sanctionné.
Depuis 2008, le terme officiel utilisé pour désigner le diététicien est diététicien-nutritionniste.
Le terme nutritionniste quant à lui n’est absolument pas règlementé. Il s’agit d’un qualificatif que tout le monde a le droit d’utiliser.
Contrairement à ce que pensent de nombreuses personnes, ce n’est ni une spécialité médicale ni un gage d’expertise. En réalité, n’importe qui peut se dire nutritionniste, qu’il soit sérieusement formé à la nutrition ou qu’il se soit auto-proclamé expert après avoir feuilleté trois magazines féminins (j’exagère à peine) !
Donc sous le terme de nutritionniste on regroupe des diététiciens, des médecins, des universitaires diplômés en nutrition mais qui ne font pas partie du domaine médical ou paramédical, mais aussi plein d’autres gens plus ou moins qualifiés.
Dans la catégorie des médecins, on trouve donc le médecin-nutritionniste. C’est souvent à lui que l’on fait référence lorsqu’on parle de « nutritionniste » tout court.
Il n’existe pas de spécialité « nutrition » (c’est pourquoi, par exemple, vous ne pourrez pas faire une recherche de « médecin-nutritionniste » sur le site de référence ameli-direct.fr), le médecin nutritionniste ayant le plus souvent une spécialisation en médecine générale ou en endocrinologie complétée par une formation en nutrition.
Donc pour résumer, si vous souhaitez consulter un professionnel de santé expert en nutrition vous pouvez consulter un diététicien ou une certaine catégorie de médecin les deux étant nutritionnistes.

Quelles sont les différences entre ces deux professionnels ?

Le medecin nutritionniste est avant tout un médecin : il diagnostique et prend en charge des troubles en rapport avec la nutrition (diabète, obésité, cholestérol, etc …). Son statut de médecin lui permet de prescrire des examens, des analyses ou des médicaments.
Le tarif des consultations est de 23€ (si le médecin exerce en secteur 1) à beaucoup plus (s’il pratique des dépassements d’honoraires), pour une durée de consultation généralement comprise entre 15 et 30 minutes. Ces consultations sont remboursées par la sécurité sociale sur la base de 23€, et les dépassements peuvent être éventuellement remboursés par votre mutuelle.
Le diététicien nutritionniste prend également en charge les troubles en rapport avec la nutrition mais avec une approche plus centrée sur l’alimentation et souvent plus personnalisée.
Le tarif des consultations est librement fixé par le professionnel, en général compris entre 35€ et 60€ pour une durée de consultation généralement plus longue (entre 30 et 60 minutes).
Les consultations ne sont pas remboursées par la sécurité sociale mais peuvent éventuellement l’être par votre mutuelle.

Alors finalement qui consulter ?

Si votre demande de consultation concerne des problèmes de poids, un suivi alimentaire en rapport avec une pathologie (diabète, cholestérol, etc) ou avec un état particulier (par exemple la grossesse) ou des troubles du comportement alimentaire, vous pouvez consulter indifféremment un diététicien nutritionniste ou un médecin nutritionniste.
En réalité, ce qui définit à mon sens un bon nutritionniste, qu’il soit diététicien ou médecin, c’est un ensemble de plusieurs facteurs :
  • des compétences techniques (connaissance de la physiologie, de la physiopathologie et des besoins nutritionnels ainsi que de la psychologie du comportement alimentaire) régulièrement réactualisées. La nutrition est un domaine en constante évolution et en interaction avec d’autre domaines également en évolution : la sociologie, la psychologie et la médecine. Impossible de travailler en nutrition avec des idées figées ou centrées uniquement sur l’alimentation. Un bon nutritionniste est curieux, passionné par son métier et continue à s’informer et se former en permanence pour être à jour !
  • des qualités humaines : un bon nutritionniste a un comportement bienveillant, il est chaleureux, à l’écoute et empathique. Il n’essaie pas de vous culpabiliser ou de vous imposer sa solution mais cherche avec vous celle qui vous convient, en fonction de vos goûts, votre histoire, vos difficultés et votre environnement.
  • enfin, et c’est sans doute le point le plus subjectif, il faut « que le courant passe ». Et ça, on ne peut pas le prévoir d’avance ou cocher des qualités sur une liste, c’est clairement une question de feeling !

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Réconciliez-vous avec vos aliments tabous

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Vous tentez de fuir le sucre et et bannissez le gras dans l’espoir de perdre du poids ? Figurez vous que ce n’est pas forcément la meilleure manière pour maigrir durablement…
En effet, aucun aliment n’est mauvais en soi s’il est consommé en quantité raisonnable. En revanche, plus on essaie de s’interdire un aliment … plus on risque d’en avoir envie.
Faisons une petite expérience très rapide. Fermez les yeux un instant et répétez intérieurement pendant une minute : « je ne dois pas penser à un ours blanc, je ne dois pas penser à un ours blanc, je ne dois pas penser à un ours blanc… »
Quelle image avez-vous vu apparaitre dans votre esprit ? Il y a fort à parier que c’était celle d’un ours blanc. Pourtant, combien de fois avez vous pensé à un ours blanc ce dernier mois ? Pas souvent probablement…

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Alors imaginez un peu maintenant ce qui se passe quand vous vous répétez en boucle « je ne dois pas manger de chocolat, je ne dois pas manger de chocolat, je ne dois pas manger de chocolat… »
Loin de vous ôter l’envie d’en manger… vous ne pensez plus qu’à ça !
Certains de mes patients m’ont même raconté que lors de précédentes tentatives d’amaigrissement, ils s’étaient mis à rêver durant leur sommeil qu’ils mangeaient certains aliments, uniquement parce qu’ils savaient qu’ils étaient proscrits dans leur régime, alors qu’en temps normal ils n’en mangeaient jamais (et n’y pensaient jamais non plus).
Autre raison pour laquelle s’interdire des aliments ne fonctionne pas à long terme pour perdre du poids : lorsque vous cédez à la tentation de cet aliment-tabou, bizarrement vous n’arrivez plus à vous arrêter !
Et hop, au lieu de déguster deux carrés de chocolat, c’est la tablette entière que vous engloutissez. Logique, me direz vous, puisqu’il s’agit d’un aliment interdit, si vous en mangez un peu, vous transgressez la règle, vous avez « raté ». Donc foutu pour foutu… autant en manger beaucoup, s’en donner à coeur joie et finir la tablette. Comme ça, on n’en parle plus… et demain c’est décidé, vous arrêtez DE-FI-NI-TI-VE-MENT le chocolat ! Jusqu’à la prochaine fois…
Enfin, dernière raison pour laquelle s’interdire des aliments ne vous aide pas : lorsque vous les consommez (et a fortiori, comme nous venons de le voir, sur un mode compulsif), au lieu de ressentir un sentiment de plaisir et de bien-être, le sentiment qui domine ressemble plutôt malheureusement à de la culpabilité voire du dégout de soi… Et plus vous vous sentez mal… plus vous avez envie de manger pour vous réconforter.
Vous vous reconnaissez ?
Il est donc urgent de réviser vos croyances, et redécouvrir que se nourrir rime vraiment avec plaisir.
Pour cela, je peux vous proposer plusieurs exercices ou experiences spécifiques au cours des consultations. L’objectif est de rétablir un équilibre, de rompre le cercle vicieux des restrictions / compulsions, d’apprendre à banaliser les aliments que vous vous interdisez de manger et à les consommer avec plaisir et modération.
Bien sûr, ces exercices ne sont pas toujours faciles, ils demandent des efforts et de la persévérance, comme tout travail en profondeur sur soi. Aussi, ne vous découragez pas s’ils vous paraissent a priori hors de votre portée. Il faut parfois un peu de temps pour apprendre à manger avec sérénité, délesté de sa culpabilité et de sa peur du manque.

Bonne résolution

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Une nouvelle année est là et son cortège de bonnes résolutions avec… J’ai lu récemment que « MAIGRIR » était la 2e résolution des Français. Juste après celle d’arrêter de fumer, donc si on exclut les fumeurs du sondage, on comprend vite que maigrir est une réelle préoccupation pour de nombreuses personnes.
La motivation gonflée à bloc après quinze jours d’orgie culinaire, vous vous apprêtez donc à exterminer sans délai (ou presque) ces kilos qui vous encombrent.
Soit.
Mais cette fois, pas question de faire n’importe quoi.
1°) Déjà, arrêter les régimes
Certes, vous avez envie, là-tout-de-suite-sur-le-champ, de voir des résultats.
C’est d’ailleurs ce qui explique le succès médiatique des régimes : ils vous promettent généralement une perte de poids spectaculaire : « perdez 4 kilos par semaine avec le régime X » « perdez 10 kilos en un mois avec le régime Y », etc
Vous vous lancez donc dans un « plan d’attaque » plus ou moins restrictif… pour l’abandonner quelques jours ou semaines plus tard et voir le retour de tous vos kilos accompagnés même d’un petit bonus ! Que de temps et d’énergie perdus finalement !
Donc cette année, pas question de recommencer les mêmes erreurs.
Posez vous les bonnes questions et définissez des objectifs réalistes. Mieux vaut perdre 8 kilos en 6 mois mais maintenir la perte de poids que d’en perdre 10 en 2 mois pour en reprendre 15 après.
2°) Ensuite observer et comprendre
Vos kilos ne se sont pas installés comme ça, par magie, du jour au lendemain. Ils nous racontent votre histoire.
Faire le lien avec les raisons et le contexte dans lesquels vous avez pris du poids est important car on ne traite pas de la même façon une obésité ancienne, installée depuis l’enfance, et une prise de poids récente.
De même, avez vous pris du poids progressivement au fil du temps ou à l’occasion de certains événements ?
Observer votre profil de mangeur est également très utile : mangez vous de grosses quantités aux repas ou avez vous plutôt tendance à grignoter ? mangez vous quand vous vous sentez seul ? contrarié ? quand vous vous ennuyez ?
Quelle relation avez-vous avec la nourriture ?
Avez vous du plaisir à manger ? Vous forcez vous à manger certains aliments « parce qu’ils sont bons pour la santé » ? Culpabilisez vous lorsque vous mangez du chocolat, du fromage ou des frites ?
3°) Transformer progressivement votre comportement alimentaire
Pour maigrir, inutile de s’imposer des restrictions : ce n’est pas tenable sur le long terme.
En revanche, quelques petites modifications peuvent faire une vraie différence sur la balance : adapter les quantités à vos sensations de faim et de rassasiement, écouter vos envies, apprendre à gérer autrement les situations qui vous poussent à manger sans faim, retrouver une relation saine et sereine avec la nourriture…
Ces pistes sembleront simples à explorer pour certains, mais un peu plus compliquées pour d’autres qui peuvent ressentir le besoin d’être accompagnés dans ce projet.
Cette approche, que je vous propose en consultations individuelles, vous permettra de maigrir mais sans régime. Je vous aiderai à identifier et respecter vos sensations alimentaires, retrouver le plaisir de manger sans frustration ni culpabilité. Il s’agit d’un travail très concret qui s’appuie sur des exercices et des expériences et qui aboutit à une perte de poids progressive et durable ainsi qu’à un rapport plus serein à l’alimentation et au poids.
Alors la résolution pour cette année : maigrir, oui, mais avec bienveillance et pour longtemps !